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2012

 

  Mardi 8 mai

  arton544-141a0Un sexologue, conseiller conjugal et théologien

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8 Juillet: en cours

8 Aôut: soirée festive

 

 

 

Déroulement de 20h à 22h15


20h00-20h45: repas simple mis en commun
20h45-21h30: intevernant/conférence

21h15-22h00: échanges
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2011 février- Les migrants

IMMIGRATION ET PASTORALE DES MIGRANTS

 

I- BREF HISTORIQUE :

 

La France était considérée depuis des décennies comme une terre d’accueil des migrants et des réfugiés politiques au nom de la « Liberté – Egalité – Fraternité ». Et de fait, surtout depuis le début du 20ème siècle elle a accueilli de fortes vagues de migrants venus de Pologne, d’Italie, puis d’Espagne et du Portugal, venus travailler dans les mines, les usines, le bâtiment ou l’agriculture.

Puis, après la 2ème Guerre Mondiale, de nouvelles vagues de migrants du Maghreb, puis d’Afrique Noire (Sénégal, Mali,...) sont venus combler le déficit de main d’œuvre et participer à la reconstruction du pays.

L’accueil de ces migrants ne s’est pas fait sans rejets et conflits, mais ces migrants étaient nécessaires à l’économie : il fallait se faire une raison.

Par ailleurs pour les vagues d’immigration d’Afrique du Nord et d’Afrique Noire des années 60 et 70, il s’agissait d’une immigration de travailleurs que souvent les entreprises allaient chercher dans les villages du Maroc, du Sénégal et du Mali et non de familles. Les choses ont changé quand à partir de 1974, la législation a facilité le regroupement familial : s’est posé alors le problème de la scolarisation des enfants et de l’intégration des familles. Et donc s’est accentué le problème des quartiers populaires et cités HLM et la peur des populations locales face à ces populations nouvelles venues déstabiliser la société française en introduisant d’autres codes, d’autres modes de vie, d’autres cultures, d’autres religions (l’Islam notamment).

 

Représentaient-elles vraiment un danger pour notre société ? Notre culture ? Nos valeurs ? Ou bien étaient-elles au contraire une chance d’enrichissement ?

 

Il faut remarquer que depuis une 40aine d’années le niveau d’immigration se maintient de façon assez constante : il y a quelques 4,5 millions d’immigrés en France, dont 3 à 400 000 « sans-papiers ». Il n’y a donc pas lieu de parler d’ « invasion ».

Cette migration a été nécessaire à l’économie du pays. Ceci d’autant plus que, contrairement à des clichés largement répandus et exploités par certains politiques, tous les migrants célibataires paient les charges sociales, les impôts directs et indirects ... et profitent fort peu des avantages sociaux auxquels ils auraient droit avec leurs familles.

 

Notons  par ailleurs que plus de 2 000 000 de français vivent à l’étranger...

 

II – SITUATION DES IMMIGRES :

 

Comment vivent les Immigrés ? Comment sont-ils perçus ?

La majorité des immigrés avant de s’intégrer vivent quelques temps en marge : dans des foyers de travailleurs immigrés pour les célibataires, dans des cités à la périphérie de nos villes ou en ville dans les appartements les plus insalubres et les plus exigus (les marchants de sommeil existent encore) pour les familles.

Le plus souvent ils sont regardés avec suspicion (cf. le sketch de Fernand Raynaud sur le boulanger maghrébin du village) : ils viennent manger notre pain et profiter de notre système social. Ils sont vus comme à l’origine de la violence, des petits délits, des agressions aux personnes,...

 

Quels travaux font-ils ?

Pour la plupart, ils ne représentent pas une concurrence sur le marché du travail puisqu’ils font la grande majorité des petites taches dont personne ne veut : bâtiment et travaux publics, ramassage des ordures, gardiennage et sécurité, restauration, services à la personne,... Ils se taisent  quant à leurs droits et se laissent faire quant aux horaires de travail. 

Au dernier échelon se trouvent les 3 ou 400 000 « sans-papiers » dont la majorité travaille soit avec des faux papiers soit au nom d’un autre. Ils constituent un volant de main d’œuvre fort utile à certaines activités (bâtiment, restauration,...) notamment de « grosses sociétés ». Ainsi les politiques successives de contrôle et de renvoi du territoire national n’ont pas pour but d’éradiquer cette source illégale de main d’œuvre mais seulement de la limiter en la maintenant dans la précarité tout en donnant l’impression à l’électorat de droite que les flux migratoires sont maitrisés.  

Les « sans-papiers » sont les plus pauvres parmi les pauvres car ils ont tous les devoirs (ils paient les charges sociales, les impôts,... : le Ministère des Finances ne s’émeut pas de leur situation irrégulière), mais ils n’ont aucun droit et ne bénéficient d’aucune aide sociale pour lesquelles ils cotisent comme tout travailleur : l’absence de titre de séjour les en exclut. Et de plus ils sont très utiles à l’ensemble de la société, puisqu’ils font les travaux dont personne ne veut et acceptent les rudes conditions imposées par l’employeur qui, le plus souvent, feint d’ignorer leur situation irrégulière.       

Ils sont devenus la forme moderne de l’esclavage dans « nos sociétés civilisées ».      

 

III – IMMIGRATION ET EGLISE :    

Cf. Lettre Pastorale de notre Evêque : « J’étais étranger ».

La Bible et le Nouveau Testament (cf. Matthieu 26,31-35) mettent en avant l’accueil de l’étranger (comme celui de la veuve et de l’orphelin) comme une voie privilégiée de la pratique de la foi.

Il ne s’agit pas d’une option choisie par des spécialistes (la Pastorale des Migrants, le Secours Catholique,...) mais d’une voie essentielle dont on ne peut pas faire l’impasse : le Christ lui-même s’est identifié au pauvre, à l’exclu, au prisonnier, à l’étranger... En accueillant l’étranger c’est Dieu lui-même qu’on accueille. L’étranger est à considérer comme un messager de Dieu ! Cela ne changerait-il pas notre regard et notre comportement ?

Il ne s’agit pas d’une option politique – même s’il y a d’évidentes répercussions politiques – mais, d’humanité, de fraternité, de charité chrétienne.

Les appels constants des derniers papes comme de nos évêques à ce sujet, ne prêtent pas à confusion : ils se fondent sur l’Evangile et la séculaire tradition de l’Eglise.

Je dirai aussi que nous nous émotionnons sur la fuite de la Sainte Famille en Egypte où elle a été de fait réfugiée politique, fuyant la persécution d’Hérode. Que serait-il advenu s’ils avaient été expulsés d’Egypte ?

 

IV – SITUATIONS ACTUELLES ET ACTIONS :

 

Depuis près de 20 ans un petit groupe d’étampois se sent concerné par les situations concrètes vécues par nos frères immigrés :

- problèmes de régularisation du séjour ;

- recherche de travail ;

- recherche de logement ;

- scolarisation des enfants ;

- diverses démarches administratives ;

- recherche de mobilier et d’électroménager ;...

Un groupe de RESF (Réseau d’Education Sans Frontières) s’est constitué à Etampes depuis 5 ou 6 ans pour défendre les enfants scolarisés et leur famille souvent avec le soutien d’enseignants et de parents d’élèves.

La Pastorale des Migrants s’est engagée sur ce terrain avec des personnes engagées dans des associations (MRAP, Collectif de Défense des Droits Fondamentaux, DAL, Collectif de Soutiens aux Sans-papiers, RESF,...). Il nous semble regrettable qu’il n’y ait pas davantage de chrétiens engagés avec nous, au nom de notre foi commune.

Nous sommes aussi engagés dans le Cercle de Silence, fondé à Toulouse par un franciscain pour dénoncer le sort inhumain réservé aux étrangers en situation irrégulière (contrôle de papiers ciblés, arrestations, séjours en Centres de Rétention et expulsions du territoire).

 

Quelques exemples de situations :

+ En avril 2008, puis en octobre 2009, des centaines (jusqu’à 6500) de travailleurs sans-papiers de l’Ile de France, se sont mis en grève dans leurs entreprises pour demander leur régularisation par le travail avec le soutien de 11 syndicats et associations.

Il s’agit d’un mouvement social important qui a mis en lumière le « statut de travailleur » de la majorité des « sans-papiers ».

+Depuis 3 ans, un nouveau « Collectif de Soutiens aux Sans-papiers » s’est reconstitué à Etampes avec pour mission :

- aider les sans-papiers dans leurs démarches de demande de régularisation ;

- les aider dans leurs démarches administratives ;

- maintenir le contact avec les instances départementales et locales (Associations de soutiens, Réseau d’Education Sans Frontières, Maison du Monde, Syndicats,...) ;

- faire des démarches auprès du Commissariat de Police, de la Sous-préfecture, de la Mairie, des Services Sociaux,...

+Ainsi, à la suite de dizaines d’arrestations, à chaque fois que nous en étions informés, nous sommes allés en nombre au Commissariat de Police pour manifester notre solidarité avec la personne interpelée. Le plus souvent les personnes ont été libérées, du fait de cette mobilisation des soutiens.

Parfois elles ont été envoyées au Centre de Rétention de Palaiseau, en vue de leur expulsion du territoire : nous sommes alors intervenus auprès de la CIMADE ou de France Terre d’Asile qui y œuvrent.

+En septembre dernier à la suite d’une interpellation lors d’une brocante de la Base de Loisirs. Nous avons accompagné la personne au Commissariat de Police où elle était convoquée sous la suspicion de trafic de téléphone portable (qu’elle venait d’acheter sur un stand de la brocante) : elle a finalement été relâchée avec la demande d’excuses du policier ! Si nous n’y étions pas allés, il aurait certainement été envoyé en Centre de Rétention en vue de son expulsion du pays.

+ A moment donné des policiers se postaient devant le Foyer AFTAM de la zone industrielle pour procéder à des arrestations : nous avons dénoncé cette pratique de chasse à l’homme auprès du Sous-préfet et obtenu qu’elle soit arrêtée.

+ Une famille africaine, en sous-location chez un ami à La Croix de Vernailles (n’ayant pas encore de carte de séjour, ils ne pouvaient prétendre à une location à leur nom, mais ils réglaient régulièrement le loyer à la société de HLM), était sous le coup d’un mandat d’expulsion du logement. Grâce à une forte mobilisation du Collectif et de RESF auprès des services Logement de la Mairie et de la Sous-préfecture, ils ont été relogés à la Vallée Collin.

+ Il y a quelques semaines X. a assisté devant le magasin ED à une interpellation d’un migrant sans-papiers par 4 policiers, sans aucun motif apparent : c’était de la chasse à l’homme selon le faciès. Il est intervenu, mais sans pouvoir aller au bout de la démarche, ne connaissant pas la personne interpellée. Il a insisté pour qu’au moins les 4 policiers accèdent à la demande insistante de la personne arrêtée: de ne pas lui passer les menottes comme à un véritable délinquant. Pour lui c’était le pire affront. Il fallait respecter sa dignité d’innocent ! Ils n’ont pas accédé à la demande : c’est le règlement qui recommande les menottes (même à 50m du Commissariat !).

+ Il y a une 10aine de jours, Ibrahima Niang s’est fait interpeler dans le RER et a été envoyé au Centre de Rétention de Palaiseau en vue de son expulsion. Sénégalais, il est en France depuis 2002 (après un premier séjour de 1990 à 1996. Il travaille régulièrement, paie ses impôts et les charges sociales. Le recours de demande d’annulation de l’Arrêté Préfectoral de Reconduite à la Frontière et de la rétention ont été rejetés.

 

V – UNE  CONCLUSION POUR NOUS ?

 

Nous sentons-nous concernés par ces situations humaines et sociales ?

Sommes-nous prêts à nous engager à leurs côtés dans leur demande d’un plus grand respect de leur dignité d’êtres humains et de frères ?

On nous rétorquera que l’Eglise et spécialement la paroisse de Guinette fait de réels efforts pour l’accueil des communautés d’immigrés (d’Afrique, des Territoires d’Outre-mer, d’Inde,...), et cela est bien sympathique sur le plan de l’animation liturgique de nos célébrations. Mais cela suffit-il ? L’accueil se limite-t-il à l’animation liturgique, si intéressante soit-elle ?

Le Cercle de Silence :

On nous a répété, pour justifier le peu d’engagement de notre communauté paroissiale, que c’était une démarche « politique » ! Bien sûr qu’elle a des répercussions politiques : tout engagement dans la vie de la société a un impact politique – y compris d’ailleurs le non-engagement qui est ipso-facto un soutien à la politique en cours.

Il ne tient qu’à nous d’en faire un témoignage clair de charité chrétienne.

 

Le chrétien n’est-il appelé à ne s’investir que dans la vie de l’Eglise (Catéchèse, Aumôneries, Kermesse, Animations liturgiques,...) ou dans les associations caritatives confessionnelles (Secours Catholique, Conférences St Vincent de Paul,...) ? Ne pouvons-nous pas nous soutenir réciproquement à certaines occasions « visibles » pour faire corps ?

Le dimanche 30 janvier à St Jean Baptiste de Guinette, nous avons vécu un moment de grâce avec le Père Alphonse-Marie et la communauté multiculturelle, dans le cadre de la Pastorale des Migrants et des exhortations du Pape. Nous n’avons jamais pu le faire dans d’autres Eglises d’Etampes.

 

Comme le dit notre Père-évêque dans le document « J’étais étranger », nous, chrétiens nous sommes invités à vivre comme des étrangers sur cette terre, car nous sommes appelés à y devenir des citoyens du ciel tout en œuvrant de toutes nos forces avec nos frères, croyants ou pas, pour l’humanisation de notre société. Ne désertons pas ce combat où le Christ nous a devancés et nous attend.

 

Remarque : Nous terminerons en disant qu’en ce qui nous concerne sur un plan personnel, si nous sommes particulièrement sensibles à cette souffrance ressentie par l’étranger, c’est que l’avons ressentie dans notre chair (6 ans au Pérou, 3 ans en Espagne et près de 6 mois au Congo-Kinshasa et au Togo, des séjours réguliers dans un village du Maroc : contacts avec la population, des familles, des enseignants et des associations locales qui comptent des avocats).

D’autre part les mariages mixtes de 5 de nos enfants sont tout un enseignement et une école pratique d’humilité et d’ouverture. A leur côté nous en venons parfois à nous sentir étrangers dans notre propre pays lorsque l’on voit les tracasseries administratives incessantes qu’ils subissent.

 
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