Partager l'article ! 2010 juillet- Aumonier en milieu carcéral: Regard sur le monde carcéral de Jean-François Penhouet aumônier à la prison de Fl ...
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2012
Mardi 8 mai
Un sexologue, conseiller conjugal et
théologien
8 Juin: Aumonier laic en prison
8 Juillet: en cours
8 Aôut: soirée festive
20h00-20h45: repas simple mis en commun
20h45-21h30: intevernant/conférence
21h15-22h00: échanges
22h15: fin de la soirée
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Regard sur le monde carcéral de Jean-François Penhouet
aumônier à la prison de Fleury-Mérogis
Le système judiciaire français est graduel. La prison est la sanction maximum.
Il y a un double objectif à la prison :
- Sanctionner en privant de liberté
- La réinsertion
Les prisons françaises ont une capacité de 51000 places il y 63000 détenus.
Dans la prison de Fleury-Mérogis il n’y a jamais plus de 2 détenus par cellule.
Les cellules font 9m².
L’Europe prévoit que la règle soit d’un détenu par cellule.
Il y a une différence entre maison d’arrêt (peine inférieure à 1 an en théorie) et les centres de détention ou centrale qui eux sont prévus pour de longues peines.
A Fleury, il y a trois types d’établissement. Un pour les femmes, un autre pour les jeunes délinquants et le troisième pour les hommes. En pratique, on essaye dans la mesure du possible de séparer les prévenus des condamnés mais ce n’est pas toujours le cas.
Jean-François Penhouet travaille dans un bâtiment ou il y a 700 détenus, il travaille plus particulièrement avec ceux qui sont condamnés en attente de transfert vers une centrale.
La prison de Fleury-Mérogis c’est 3500 détenus pour un personnel de 1700 effectifs.
Il y a 12000 mouvements/an entrées/sorties ce qui en fait la 1ére prison d’Europe.
Pour le personnel le travail est difficile.
Témoignage de Yves, laïc (visiteur à Fleury-Mérogis)
« Ce sont des Hommes »
Quand on arrive en prison on n’a plus rien. On arrive avec ses vêtements sur soi et on n’a que ça. (ce sont des associations qui peuvent donner d’autres vêtements)
Pour certains détenus il y a un réflexe psychologique de refuser la nourriture (car elle vient de l’administration).
Il y a fréquemment des problèmes d’addictions au tabac à l’alcool et/ou à la drogue de la part des détenus. Leur arrivée en prison provoque du jour au lendemain un sevrage brutal.
Les bénévoles laïcs peuvent parfois faire le lien avec les familles.
Les aumôniers eux n’ont pas le droit d’entrer en contact avec les familles
Il y a plusieurs aumôneries (catholique, protestante, israélite, musulman)
Les aumôniers peuvent se rendrent à l’intérieur des cellules mais uniquement à la demande des détenus.
L’aide apporté est de plusieurs niveaux :
- commence souvent par de l’aide matériel (argent, tabac,…)
- Il y a également l’écoute de ce que les gens confient ou ne confient pas.
- La question de la religion vient généralement après.
Le message délivré est clair
La parole de Dieu est pour tout le monde
Pour tous Hommes quel que soit ce qu’il a fait
Dieu peut le comprendre
On reproche parfois aux aumôniers d’être du côté des détenus en fait ils ne sont pas pour ou contre mais ils sont à côté d’eux. Sans être naifS, mais, au nom du Christ, à côté d’eux.
L’aumônier voit en chacun l’Homme et son frère en humanité.
Questions/réponses :
- Avez-vous eu des contacts avec des personnes qui pourraient être innocentes mais qui ont été condamnées ?
Se sont des cas exceptionnels mais quoi qu’il en soit je leur dis qu’il vaut mieux cette justice là avec ses imperfections que de se faire justice soi-même.
Concrètement on ne peut rien. Il y a une décision de justice et on la respecte.
On les accompagnent et on signale des petites choses pour améliorer leur quotidien.
- Pour les personnes que vous suivez sur plusieurs années, y-a-t-il un cheminement vers la demande de pardon notamment vers les victimes ?
Je leur dis également que quel que soit ce que tu as fait tu restes un Homme.
Il a un sentiment d’abandon, on se sent seul, le sentiment de ne plus rien être.
Je te parles comme ça parce que j’ai la foi en un dieu qui pardonne.
Dans ma vie aussi il y a des zones d’ombres et quoi que tu ais fait nous sommes frère en humanité.
L’aveu demande beaucoup de temps.
Pour accompagner il faut faire aussi un travail sur soi.
Ce travail je le fais au nom de Dieu.
Même pour les victimes c’est le pardon qui reconstruit.
Le pardon est aussi difficile à donner qu’à recevoir.
- A l’occasion des visites quel type de lien se crée ?
La loi interdit de conserver un lien après la sortie.
Les choses sont claires dès le départ.
Il y a plusieurs types de lien, l’attachement ou l’affectivité.
L’affectivité rend dépendant et il faut les rendre indépendants. Il faut trouver la bonne distance.
Il y a de l’empathie et de la frustration.
Il faut apprendre à avoir des relations justes et à accompagner en Chrétien.
C’est un travail d’équipe qui se fait par l’aumônerie.
- Il y a une partie de la prison réservée aux femmes, y-a-t-il des aumôniers pour les visiter ?
Oui il y a deux femmes aumôniers qui s’occupent des visites dans le quartier des femmes.
- Y-a-t-il des messes en prison ?
Il y a beaucoup de demande pour la messe, c’est un moment de paix. Certains communient d’autres pas.
Pour la prière universelle il n’y a pas besoin de préparer, elle vient spontanément.
Il existe également un groupe biblique qui facilite la célébration.